AOÛT 2012

Le tourisme de masse ne décolle plus

Tourisme de masseEssor du voyage en ligne et autopackaging

C'est la pire période que j'aie jamais connue, lâche Georges Colson, le président du Syndicat national des agents de voyage (SNAV), qui estime à 5 000 le nombre d'emplois perdus dans la profession depuis trois ans.

Dernière victime de la crise : le voyagiste toulousain Fram. Ce dernier s'apprêterait à supprimer 67 emplois à l'issue d'une année noire, qui aura vu son chiffre d'affaires baisser de 8 %, et son déficit grimper de 71 % pour se fixer à 23 millions d'euros en 2011, selon Les Echos.

Et les chiffres des premiers mois de 2012 ne sont guère plus encourageants, alors que la perte d'exploitation pourrait atteindre jusqu'à 10 millions d'euros.

L'enseigne aux trois palmiers n'est pas un cas isolé : le numéro un hexagonal, TUI France (Nouvelles Frontières, Marmara, etc.), a annoncé 484 suppressions d'emplois après des pertes record l'an dernier.

Ce marasme touche également le groupe britannique Thomas Cook, qui accuse des dettes abyssales (1 milliard d'euros) au point d'avoir dû revendre, en mai, onze de ses avions, soit 20 % de sa flotte, et cinq hôtels en Espagne.

Les classes moyennes en quête d’alternatives

A l'origine de cette débâcle des tour-opérateurs historiques, les directions pointent en premier lieu deux années de secousses internationales et de catastrophes naturelles.

Nuage de cendres islandais, grippe aviaire en Asie, tsunami et accident nucléaire au Japon, mais surtout les printemps arabes – dans des pays où Fram, par exemple, réalise presque la moitié de son activité – ont ainsi miné le tourisme à l'étranger.

A ces phénomènes conjoncturels s'est juxtaposé un phénomène structurel : celui de la crise économique, qui a obéré le pouvoir d'achat des vacanciers, les poussant à partir moins et moins loin.

En 2011, 56 % des Français de 15 ans et plus sont partis en vacances, contre 62 % en 2005. Une tendance qui se confirme cette année, avec des départs en baisse de 6 % par rapport à 2011 pour le mois de juin, et de 15 % pour juillet, selon le SNAV.

Les classes moyennes, les plus touchées par la crise, partent moins. Or, comme elles représentent 45 % des vacanciers partant en voyage, cela réduit le taux de départ, analyse Guy Raffour, directeur de Raffour Interactif, cabinet d'études spécialisé dans le tourisme.

Entre 2010 et 2011, le taux de départ des employés, ouvriers et professions intermédiaires a ainsi chuté de 62 % à 53 %, contre une augmentation de 50 % à 55 % pour les retraités et un maintien de 86 % à 87 % pour les catégories socioprofessionnelles supérieures.

Ces départs se font par ailleurs à 80 % en France. Cette structure du marché réduit le recours aux professionnels.

En effet, seulement 6 % des touristes font appel à un tour-opérateur ou une agence de voyage pour un départ dans l'Hexagone, contre 47 % pour l'étranger, poursuit Guy Raffour.

Le voyage en ligne et l’autopackaging comme alternative

Corollaire de la crise, ces vacanciers au budget réduit se tournent de plus en plus vers Internet à la recherche des meilleurs prix.

L'an dernier, 58 % des Français partis en vacances ont ainsi préparé leur séjour en ligne et 42 % ont réservé sur la toile, contre 8 % en 2003, selon le cabinet Raffour Interactif.

Il en résulte un déplacement du mode de distribution depuis les opérateurs historiques vers des agences de voyage en ligne, qui cassent les prix à coups de promotions et d'offres exclusives grâce à des coûts fixes limités, explique René-Marc Chikli, le président de l'association des tour-opérateurs français (CETO, Cercle d'études des tour-opérateurs).

En distribuant les voyages plutôt qu'en les produisant, les e-voyagistes n'ont en effet pas les engagements financiers des voyagistes, qui doivent remplir avions et hôtels pour rembourser les investissements réalisés.

Conséquence : les sites Internet sont libres d'acheter et de revendre les circuits les moins chers du marché, ainsi que de négocier des voyages de dernière minute.

La formule fonctionne si bien qu'en juillet, les fonds d'investissement Axa PrivateEquity et Permira ont dépensé 400 millions d'euros pour fusionner les sites Opodo, eDreams et Go Voyages.

Les trois marques, qui cumulent 12 millions de clients dans 27 pays, profitent ainsi de la mutualisation des achats de billets d'avion et de chambres d'hôtel pour jouer au maximum la carte du low cost.

Cette période de crise a entraîné dans le marché du voyage une dangereuse course à la promotion, qui ne peut pas durer, prévient Georges Colson, du SNAV.

Grâce à Internet, les gens ont la possibilité de rechercher et comparer rapidement les meilleurs prix pour un séjour.

Ils achètent un vol sec auprès de compagnies aériennes, souvent low cost, puis une réservation de logement et éventuellement une location de voiture, ce qui leur revient en général moins cher que d'acheter un package tout prêt, détaille Guy Raffour.

Car si le consommateur ne bénéficie plus de prix négociés, il économise en revanche les marges prises par les tour-opérateurs et leur réseau de distribution, qui tournent autour de 15 % du prix du voyage.

Cherchez, Comparez et Achetez moins cher avec le meilleur comparateur de prix des billets d’avion,
séjours et hôtels en République Dominicaine
CLIQUEZ-ICI

Live Go !

Voir toutes les actualités

République Dominicaine Live, Depuis un article du Monde.fr, le 02.08.12

Contactez-nous

S’il vous plaît, aidez-nous à vous aider. Quelque soit la raison, si vous souhaitez nous contacter, la façon la plus simple est de remplir ce formulaire et de cliquer sur Envoyer.

Vos Coordonnées

S’inscrire pour recevoir les alertes :



Ajouter un commentaire